Observer l’évolution des mots employés pour définir les concepts-clés, constitue l’un des plus surs moyens de déceler les évolutions du secteur du voyages d’affaires:
Ainsi ne dit-on plus aujourd ’hui « agence de voyages » mais « TMC » (Travel Management Company). Cette nouvelle dénomination témoigne du rôle de plus en plus complexe que sont amené à jouer les agences de voyages:
Du rôle de « distributeur de billet » à celui de conseiller pour optimiser toute la chaîne du déplacement professionnel (optimisation des processus, déploiement d’outils logiciels notamment).
En effet si l’aspect « distribution » demeure important, il ne saurait résumer l’ensemble de toutes les compétences mobilisées par la TMC pour son client.
De la même manière, ne dites plus « SBT » (Self Booking Tool ») mais « OBT » (Online Booking Tool). Dire « online » plutôt que « self » c’est tout d’abord être plus juste: Si l’outil informatique permet au voyageur d’effectuer par lui-même sa réservation, il n’en reste pas moins que c’est la TMC qui éditera le billet et prendra donc la responsabilité finale de valider le choix du voyageur.
La dénomination « online » permet aussi d’opposer le « on » et le « off »: Réservation par l’outil d’un côté, réservation par l’agent de voyages de la TMC de l’autre.
Et pour aller encore plus loin, il est maintenant évoqué la notion d’« OBT full T & E » ! Derrière cet anglicisme se cache le fait que les outils de booking tool convergent vers l’automatisation du remboursement de la note de frais, pour traiter de bout en bout le cycle du voyage.
Concernant les réunions, vous allez voir de plus en plus le terme de « M & E » (Meetings and Events) en lieu et place du fameux « MICE » (Meetings Incentive Convention Events).
Volonté de clarifier l’ambiguïté du mot (« mice » signifiant souris, au pluriel, dans la langue de Shakespeare) ?
Ou, plus sérieusement, ce glissement sémantique attesterait-il de la montée en puissance de ce segment important des réservations ? Et quoi de mieux pour réaffirmer son importance que de se rebaptiser, qui plus est, d’un sigle plus synthétique et percutant.
« Last but not least », un mot surgit et se répand: Il s’agit de « KPI » (Key Performance Indicator- Indicateur clé de performance). Provenant du vocabulaire du monde achat, il témoigne de la volonté des acheteurs d’ avoir de la part de leurs prestataires un service qui puisse se mesurer. Evaluation bien souvent délicate, mais qui a le mérite de poser le débat entre les parties.
Ainsi donc, vous voilà à présent armés, pour pouvoir fièrement affirmer à l’un de vos collègues ébahi: « En plus du bon suivi de mon activité « M & E », ma « TMC » a su me proposer des « KPI » pertinents pour mesurer la bonne utilisation de mon « OBT full T &E » ! »
Cyriaque BENOIST
Président de « Marcopolo Voyages d’affaires »
marcopolovoyage.wordpress.com
benoist.cyriaque@wanadoo.fr