L’hôtellerie française se trouve menacée par la crise financière en raison de refus de plus en plus fréquents de crédits d’investissement destinés à la rénovation du parc hôtelier, a indiqué samedi un représentant de la Direction nationale du Tourisme à Strasbourg.
Selon Georges Klaerr-Blanchard, délégué régional du Tourisme d’Alsace, qui s’exprimait en marge d’un forum réunissant quelque 250 professionnels du secteur, les deux-tiers de l’hôtellerie française sont vétustes et nécessitent d’importants investissements de remise aux normes, auxquels s’ajoutent ceux pour l’accessibilité aux personnes handicapées à l’horizon 2015.
«Actuellement certains hôteliers se voient refuser un crédit quand bien même leurs comptes sont sains, et qu’ils disposent de très bons carnets de commandes», a-t-il expliqué qualifiant la situation d’«inédite».
«Avec les difficultés pour obtenir un crédit aujourd’hui, la petite et la moyenne hôtellerie risquent d’être pris en tenaille», a-t-il estimé, tout en assurant que les grandes chaînes et l’hôtellerie de luxe resteront épargnées.
Selon lui, les petits indépendants qui disposent par exemple de 10 à 20 chambres en milieu rural sont particulièrement menacés. «Pour la petite hôtellerie indépendante cela signifie peut-être qu’ils devront s’affilier à une chaîne», a-t-il précisé.
M. Klaerr-Blanchard a indiqué que «depuis une quinzaine de jours», des dossiers de prêts garantis sont ainsi montés avec la banque publique de soutien aux PME Oséo.
Tout en reconnaissant la morosité financière actuelle, il a rappelé que «les vacances restent une chose importante» à laquelle tiennent les ménages français.
Ainsi, dit-il, ceux-ci réduisent la durée de leur séjour ou économisent sur les sorties et «en préférant par exemple le sandwich aux dépens du restaurant».
«Tout le monde s’attend à une baisse du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie et la restauration en 2009», a-t-il conclu.